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Daphné Bitchatch | Nan Da Row

mercredi 28 janvier 2015, par Armand Dupuy

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Vêtement croisé gauche sur côté droit, en sens inverse pour les morts
Sous des manches longues jusque l’aube cacher l’arme et de l’autre aile le geste fatal
Et de ce geste qui tire le rideau, le baiser safran
Tenir le bol côté gauche, ne pas cacher l’image, cacher l’arme
Nan Da Row [1]

De rêves pour s’être rebellés, cent têtes de dragons sur les épaules, langue noire de la terre craque, la bouche noircie sur son enclume
Des ailes, des ailes, des ailes
D’octobre ou décorer la terre
Se jeter s’exporter de ses mots

Vents forts et tempêtes sur le chaos lac gelé
Impassibles éternels temples bambous et prêles envahissent la page
Et les pierres- tombes pour les bébés, couvertes de fibres étirées, chardons bleu
D’étranges Parques tissant des cordons, d’enfants de la nuit disparus sans berceuse
Démêlent la laine ensimée de larmes
Femmes nuages, dix minutes dans le corps, sans landau jusque demain matin, de la peau vieillie jusqu’à la gare la prison, jusqu’aux vagues l’obscurité, houle cyclonique tirant les algues de mes cheveux et mangeant des écureuils
Des pinceaux plats laquent jusqu’à dix-huit couches une aube sciure de bois
Sous les feuilles de l’automne rouge une annonciation souillée

Nan Da Row…

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[...]

Trafics, interminablement des spectres marchent, sur un pont
D’où verrais-je toujours l’ordre organique, l’avant - plan cadavérique
Le bus, les maisons, les pavés, les fils électriques lacérant le ciel
Encerclée
De l’eau, lumières d’ombres, trafics, corbeaux chats, dans un sens dans un autre
Souffle, cascades, la nuit engloutis
Vertige des cimes de la forêt
Giratoires
En fait rien ne bouge, rigidité, trouée de voitures comme dans les arbres, mouvances ondulatoires, personne ne parlera, attendre l’image, puis l’invisible
Puis une nouvelle apparition, fondu, prendre place dans la lumière, l’autre image derrière l’image
Nous mourrons encore plusieurs fois
On ne verra pas d’oiseaux, tentacules déplantées, d’aucune saison sinon toutes jetées sur les toits
Mourir là, et tu ne l’apprendras que demain
De notre passé, un volcan sur l’eau
Sans fin

Viens, il y a une éclipse lunaire
Impassible le mot du visage masqué sous les feuilles
Le froid dans mes os
Sous une aile cacher l’arme
De l’autre le silence

Kyoto, Octobre 2014.

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Notes

[1Expression Japonaise, dont la signification change suivant la situation et l’intonation, exprime diverses émotions : un sentiment de surprise, une question légère, quelque chose d’inexplicable, d’incompréhensible et inévitable, une fatalité, confusion de sentiments…

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