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Julien Boutonnier & Nelly Bonnefis | un avril

jeudi 14 août 2014, par Armand Dupuy



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mes yeux je ne les ai plus_____un oiseau
s’amoncelle_____au bas de ma voix_____les os
rêvent_____ce que disent les yeux_____quand tes yeux
voient_____la petite ombre_____me tient_____quelque
chose_____tombe_____de l’eau se lance_____ : dénonce
la stupeur de l’arbre que délaisse un vent





peur_____un avril dans le ventre_____des mots
salivent_____nos mains vivantes :
cassées_____ : radeaux_____gravées dans un marbre
et des noms se souviennent_____en dessous
la moelle rêve_____du jour





la haie de buis_____regardera l’herbe_____sous
un nom qui menace :_____un avril_____me
trouve_____la peur_____ : mort-et-vie c’est
un seuil__________fracas des lèvres
_____sur un visage froid





mes yeux sont un mur_____criblé d’amours :
de chutes_____ce qui vient
 : meurtre_____dans la bouche
un lierre en noir_____un fagot
de jours froids :_____tendresse aux artères
innervées de neige à bout de souffle





l’eau se retient_____dans le poing des
clairières_____ je veux dire_____un miel
à même la morsure_____ : toi_____ma
joue se perd_____le seuil constelle
un lit défait_____on se mêle –
à l’affût des morts et des joies





tu regardes_____ma soif éblouie_____ l’averse
boit du jour_____à chaque fois____
tu fais ma peau_____je deviens
la jetée_____ : s’avancer_____dans l’accident
au bord de tes cheveux :_____vent blond





ce sera_____un geste bref_____ : trois
fois rien de torse_____le col en v
d’un ruisseau pour l’hiver_____ j’ai
déplié le lait__________sur tes
joues_____ la tendresse_____
_____a donné sa ruée claire :





tu dis qu’un pouls cogne_____aux
cendres_____tu dis :_____tout des
lèvres_____s’ouvre_____
à la cause d’une _____ : plaie





un avril saignera_____la sueur :
des éclaircies_____mettent bas____
ce charnier_____ : qui pense





l’eau a frémi_____je suis resté_____avec :
le chant des morts pour toute salive
_ : toi qui abondes_____à ce prochain tronçon
de voix_____mon poing__________s’écaille
dans une joie_____ta voix s’enlace au bruit
d’un vent_____dans la haie_____ton nom
dans l’épaisseur_____ : un nid vide où
clame un deuil





mes yeux sont eux-mêmes_____la voix des nuits
_ : fend les sous-bois_____je regarde l’air mort et
les tessons d’hommes_____ : de femmes –
à la commissure du jour_____et d’un reste





je fais un pas_____dans ta voix_____une soif :
la mort_____mâche crache :_____dans l’amour
regarde_____ma colère assise_____à l’ombre
sur un banc_____regarde la nuit_____ressemble
à des mains qui creusent





main tendue_____ : source morcelée_____
parmi les ocelles : des lueurs_____suintent
un soir lent je ferai la route_____ :

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