Accueil > Armand Dupuy > LIRON

LIRON

Dernier ajout : 16 février 2015.

  • LIRON (9) | origines, inquiétudes – la permanence des lieux (1)

    16 février 2015, par Armand Dupuy

    C’est comme s’il fallait partir d’un même point. Non pas recommencer chaque fois le même effort mais remailler depuis cet endroit, parce qu’il est un nœud. Ou peut-être le nœud. Le nœud et l’absence de nœud. Ou la présence et l’absence nouées l’une à l’autre. On ne sait trop. Un résidu simple au fond des yeux, dans leur radicale obscurité, tout au fond de leur aveuglement. Une empreinte tenace, sans doute inaltérable – même quand la tête s’écroule d’avoir trop dit, trop brassé. Une sorte de point zéro du regard, un moment d’origine, tout à la fois roc sûr (par sa permanence) et mise à mal, incertitude (parce qu’il est fuyant). Une boutonnière à travers laquelle les « images » – celles qui, un jour ou l’autre, ont fait forte impression – versent leur traîne et se lient

  • LIRON (8) | voir – détruire, reconstruire – voir

    6 février 2015, par Armand Dupuy

    Alors, sans doute qu’on ne peut pas prétendre avoir vu ce qu’on n’a pas préalablement détruit, en soi-même, parce qu’il reste une surface imperméable. Mais détruire ne suffit pas. Il faut rassembler, remonter à tâtons. Voir est toujours ce geste double de destruction et de reconstruction patiente – et c’est peut-être ce qui rend acceptable à mes yeux d’écrire ce genre de texte, dans lequel j’ai l’impression de mettre à sac ce qui se livre au regard, si simplement, dans les tableaux de J., ne faisant qu’ajouter de la confusion à leur ordre tranquille.

  • LIRON (7) | « La possibilité d’un lieu »

    25 janvier 2015, par Armand Dupuy

    Comme l’écrivait Arnaud Maïsetti : « Ce qui défile au dehors n’a d’existence qu’en moi qui le voit et le nomme : et ce nom à son tour me nomme, moi qui le regarde, et l’éprouve comme un prolongement de mon corps. [1]  » Liron, avec ses tableaux, pendant qu’il témoigne de cette relation essentielle mais fugace – car on échoue toujours à saisir et nommer pour de bon – , tente d’apercevoir sa fabrique, de saisir les mouvements de son propre regard. Parce que, je le suppose, on ne peint pas pour montrer, mais d’abord pour voir mieux.

  • LIRON (6) | Le regard est un geste – les oiseaux, les boîtes.

    21 janvier 2015, par Armand Dupuy

    Il est peut-être vain de vouloir saisir à tout prix les choses et d’en arrêter, même temporairement, le mouvement – ou de se donner l’illusion de cet arrêt, parce que tout continu sans nous, alors même qu’on ne bataille qu’à l’intérieur de pauvres phrases. Il est sans doute inutile de tenter d’en mettre à jour les rouages qui n’expliquent rien mais sont des puits qui se creusent et creusent plus encore.

  • LIRON (5) | « parties manquantes incluses » : le regard, le temps

    19 janvier 2015, par Armand Dupuy

    Aussi, si ce que nous tâchons de saisir nous échappe, quand cet effet de présence se manifeste, peut-être est-ce parce que nous cherchons à l’appréhender sur un mode exclusivement visuel. Comme je m’accroche encore dans les tableaux de J. à ces ossatures un peu sombres qui sourdent à travers les couches maigres du tableau. Comme je m’accroche encore à ces espaces du supposé « derrière » des volumes me disant « quelque chose de visible pourrait s’y trouver ».

0 | 5