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LIRON (0) | à propos...

dimanche 28 décembre 2014, par Armand Dupuy

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En mars 2014, après un moment passé avec Jérémy Liron à Bellecour, dans l’atelier provisoire prêté par la Fondation Bullukian (il y exposait alors, dans le cadre de l’exposition Passages en partenariat avec le Musée Paul Dini de Villefranche-sur-Saône), après plusieurs textes critiques au sujet de son travail (L’évidence feuilletée d’un monde, publie.net, repris dans le catalogue Lyon-Bethune chez Nuit Myrtide, 2009 et Faire monde & papillons, Éditions Centrifuges, 2011), je me suis mis à rédiger de simples notes concernant sa peinture, ses livres, leur entrelacement, pour prolonger et compléter mes premières approches et dire comment ça rejoignait mes propres questions, ma propre avancée vers la peinture. Parce qu’on n’a jamais fini de découvrir les tableaux qu’on pensait connaitre depuis longtemps. Parce qu’on voit le peintre évoluer, on le voit poser les mêmes questions, inlassablement, au sein même de cette évolution qui déplace progressivement sa pratique. Parce qu’on admire aussi son obstination au travail - que ce soit du point de vue de la peinture ou de l’écriture. Alors, à force de naviguer dans les tableaux, dans les livres, ce qui n’était d’abord qu’un simple recueil d’impressions diffuses, de pensées, s’est peu à peu développé, prenant des formes assez diverses et parfois même déroutantes (que ce soit bouts de récit, notes, pensées), se mêlant à d’autres figures, au travail d’autres artistes ou écrivains, pour former - en l’état actuel - une sorte d’agglomérat kaléidoscopique, indémêlable mais parfois décousu. Un texte ramifié, sans queue ni tête, me semble-t-il, mené au fil de la pensée et de ses dérives, pour dire, autant que possible, où le travail de J. touche et relie. J. s’y trouve tantôt au cœur, tantôt passager discret, à cause d’un simple bout phrase ou d’un petit pan de couleur, parfois, mais toujours là. Peut-être qu’il n’est pas illogique d’aboutir à ce genre de forme décousue, lorsqu’on tente d’avancer les remous de sa propre pensée. Me revient souvent cette note de Fred Griot, lue il y a bientôt dix ans, dans Refonder :

enchainer des phrases des idées
j’ai toujours été étonné de cela, que l’on demande cela, que les éditeurs le plus souvent attendent cela, encouragent à cela, d’enchainer des phrases, qu’elles soient logiques racontent logiquement quelque chose... poursuivent la précédente, préparent la suivante… narrent
alors que cela est tout sauf réel — écoutez dehors
ça se coupe — se recoupe parfois — saute du coq à l’âne, se perd, s’inaudible, s’épuise, s’embrouille, se fourvoie, s’interrompt, se laisse tomber, s’efface, se refoule, digresse, se perd, s’emmêle

Quoi qu’il en soit, voici cet ensemble livré de façon fragmentaire – et donc revu, repris au fur et à mesure –, par « épisodes », ici-même, pour ne pas laisser stagner le bloc de pages.

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