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Nicolas Grégoire | Murambi

vendredi 17 janvier 2014, par Armand Dupuy

Pour comprendre un peu ce qu’est Murambi, on peut cliquer ici ou , pour consulter des sites intéressants à ce sujet.

***

Murambi
Pour la voix des sans voix



corps tout entier s’effondre

écrasé par

alors ici, vous pouvez voir un bébé décapité

là,

homme figé dans son cri de

terre tassée

cela s’explique par

argile

pression

chaleur

corps

couche de terre

corps

couche de terre

corps

couche de terre

corps

couche de terre

corps

les soldats français qui jouent au volley sur les fosses

on voit l’horreur dessous

cheveux naturels

femme violée d’entrée

et les doigts qui

se serrent sur

soi-même à

se briser

œil cherche à fuir

par collines

chants

bruits de

qui encerclent pour

mieux tuer

avec gens

juste à côte qui

vivent

à la porte des morts










(Dans nos ténèbres, il n’y pas une place pour la Beauté. Toute la place est pour la Beauté. [1]

non  )

*

les regards portent

faux sourires avec

la chaleur des corps comprimés

de haine

qui ment encore

satisfaite du travail communautaire effectué

même les enfants

s’entassent

mains terribles

au visage pour

se cacher

*

Rachel

*

salles vite passer devant

c’est

même chose

que

des corps

on note vite de peur que

tête n’étouffe

s’enfouisse avec

tas tissus

matelasassiettes

sandales

dans le rebut d’être

*

tête comprimée

on ne sort pas de

la mort

présente dans tout le paysage

ça hante

on ne tire aucun autre fil

que cadavres

corps

en soi aussi

avec l’horreur qui

dure

*

terre tassée du retour

vieil homme et vieil homme et vieil homme :

je respecte beaucoup les Belges 

main sale tendue et

image blocs de briques

non loin

morts et tueurs

il tente de virer sa parole lorsque je parle de sang porté

on n’entend plus que

travail minutieux

pour abattre

nier encoreen bon français

et on tient face avec

les corps qui persistent

à dire

***


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Notes

[1René Char, Feuillets d’Hypnos

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