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Notes & Articles

Dernier ajout : 27 mai 2015.

  • Eric Coisel | Polaroids impossibles

    27 mai 2015, par Armand Dupuy

    Qui prête sérieusement attention à son regard apercevra donc son empêchement. Parce que regarder c’est toujours, dans le même mouvement, voir et ne pas voir. Il existe un refus, une butée, un aveuglement dans le regard qui manque systématiquement ce qu’il touche. Le regard est l’écart entre ce qu’il y a et ce que nous voyons. Il porte et radote cette déchirure : je vois ce que je regarde, je ne le suis pas – ou plus . Nous ne sommes donc jamais pleinement. Nous sommes des êtres d’incomplétude et notre manque-à-voir n’a d’égal que son corollaire : notre manque-à-être.

  • Philippe Agostini | Plier la peinture

    27 avril 2015, par Armand Dupuy

    À l’intérieur de la couverture rigide du carnet de dessins déjà mentionné, Philippe Agostini a laissé cette note au crayon à papier : « (se demande toujours comment envisager le dessin suivant – se le demande encore) ». Mais comment le début peut-il être un début puisqu’il touche sans cesse la fin ? Comment un dessin pourrait-il être pleinement « le suivant », puisqu’il est tout à la fois – et chaque fois – premier dessin, dernier dessin, dessin précédant ?

  • Florence Dussuyer | Longtemps, je me suis couchée de bonne heure...

    21 avril 2015, par Armand Dupuy

    Si chaque tableau de la série «  Longtemps, je me suis couchée de bonne heure...  » procède d’un principe identique et relativement simple – il s’agit de femmes seules, alitées, endormies ou dans l’attente lascive, le repos – et si l’on peut sans difficulté s’en tenir à ce principe, prendre plaisir à contempler le jeu subtil des couleurs, des motifs, goûter la paix que dégage chacune des toiles, on est toujours plus sensible, c’est sans doute maladif, à ce qui nous met en chute qu’à ce qui nous apaise. Le regard – au cœur même des apparences tranquilles, parce qu’elles souffrent de n’avoir aucun derrière – enregistre confusément les tensions, les points de rupture, les inquiétudes ou les paradoxes.

  • Sète (2) | Voix Vives de Méditerrannée en Méditerrannée | Mohammed Abu-Zaïd

    1er août 2014, par Armand Dupuy

    Après Pauline Catherinot, j’avais envie donner à lire la poésie de Mohammed Abu-Zaïd (Egypte). J’ai eu l’occasion de partager certaines rencontres avec lui, et de l’entendre lire ses propres poèmes, dans sa langue ou en français, grâce à l’interprétation des comédiens chargés des traductions. A l’occasion du festival, les éditions Al Manar ont également publié « Le poème des ruines » (traduit de l’arabe par Antoine Jockey). Les poèmes de Mohammed sont écrits de façon souvent simple et abordable. Les choses sont (...)

  • Sète (1) | Voix Vives de Méditerrannée en Méditerrannée | Pauline Catherinot

    30 juillet 2014, par Armand Dupuy

    Et même si l’on ne dispose pas du mode d’emploi pour comprendre réellement ce codage, on s’y engouffre sans peine, le code donne à vivre sa propre musique de tête, on s’y loge. De cette façon, par les yeux, Pauline Catherinot s’adresse à l’oreille, lui adresse des silences brefs ou longs, lui adresse des ruptures, des sauts, des chutes, des sons qui s’étirent longtemps dans la bouche.

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