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Parutions | Dupuy

vendredi 25 octobre 2013, par Armand Dupuy

Présent faible , Faï fioc, mai 2016

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fermer les yeux peut-être suffit pour sentir mieux
la citerne cognée dans les plis qui cogne sans
faiblir ni croître ne fait que ça semble ne servir
qu’à ça propager le bruit des coups faire sonner –
peut-être qu’il suffit de ne plus voir pour voir autre
chose mais on n’aperçoit pas mieux les yeux grand
ouverts ce qu’on ne voit pas les yeux fermés dis-tu
charge double encore de voir et ne pas voir ce battement
j’avance sans comprendre ni savoir et je tiens l’étage
comme ma propre tête j’entasse classe range dans
les rayonnages ou dans des bols au rythme des yeux
trois sacs-poubelle noirs et hauts traînent puis trois
bidons de pétrole vides alignés face aux escaliers
deux verts un bleu je fixe aux murs les nombreux
dessins – les ai-je vraiment regardés d’assez près
c’est-à-dire jusqu’au vertige qu’ils portent j’en oublie
peut-être parce qu’on oublie les yeux dans ce qu’ils
voient classent rangent je tourne à la fenêtre


Des notes de lecture de Nolwenn Euzen, Christian Degoutte, Isabelle Lévesque. Un montage de trois notes sur Poezibao (Antoine Bertot, Antoine Emaz, Yann Miralles).

Ce doigt qui manque à ma vue , Æncrage & co, avec 4 sérigraphies de Philippe Agostini, décembre 2015

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tu poses du vert
pour salir pour exister

parce qu’il faut ces taches
étalées ces gouttes
où penser –

penser pas
rêver ni plaire il faut

peut-être ou pas
marcher longtemps
sur l’herbe les planches
s’étouffer par la
peine

laisser monter
tourner


On peut lire des extraits du recueil dans les anthologie de Poezibao 1, 2 et Terres de Femmes. Des notes de lecture par Antoine Emaz, Jérémy Liron, Yann Miralles, Laurent Albarracin, Mélanie Leblanc. Un entretien avec Emmanuèle Jawad.

Sans franchir , Faï fioc, décembre 2014

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Touchant l’obscur au pied du lit, sac de nuit
resté, tout chant versé, touché – juste un doigt de
fièvre, on descend. Noir au dedans, déjà les nerfs.
L’obstacle est passé dans les yeux ; les yeux n’étaient
pas avertis du monde. On touche une autre nuit, pas
moins grande ou puits. Tu te lèves, ça sort : faire
bander la taupe – le dire moins sale n’y peut rien :
trouver la tension, la musique de langue (mais
langue est mot facile). Tendre l’obscurité travailleuse,
pas par goût du travail. Juste l’étrangère nécessité.
Mais respirer, tendre et faire usage – rien n’attend
plus bas que la tête basse. Retour bref aux
blancs, plaques de neige et brouillard levé.


On peut également soutenir Faï fioc en adhérant, pour recevoir les différentes publications.

Des notes de lecture de Jérémy Liron, de Serge Martin, Lucien Noullez. Un extrait sur le blog de Claude Chambard.

Après , Ed. Contre-allées, dessin de couverture de Loïc Gaume, juillet 2014

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Un calme étrange,
au-dedans,

saupoudré de mouches
mortes

et de plâtre,

sans savoir si l’œil
ou le drap bougent.

La peur aussi.


Un commentaire de Florence Trocmé sur Le Flotoir. Une note de Jérémy Liron dans ses lectures de septembre 2014.



Par mottes froides , Ed. Le Taillis pré, frontispice de Jean-Claude Terrier, février 2014

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On cherche avec les yeux ce que veulent
dire passage et lenteur, ligne et retrait – fil
de bave encore. On s’accroche, on refuse de
s’accrocher. Il faudrait lâcher ce bleu, ce noir
en tête et laisser faire la lumière un peu sale
jusqu’à la têtue détresse. Monter quand même,
rassembler les papiers, regarder. On pèse à
moitié sur les raisons d’exister, dans un léger
bruit de plumes – son sourire n’y peu rien.



Quelques retours : notes de lecture par Antoine Emaz, Yann Miralles, Lucien Noullez, Jérémy Liron, Serge Martin, Emmanuèle Jawad et un entretien avec Mathieu Brosseau. « Casi un invierno en el ojo », quelques extraits traduits en espagnol, par Su Xiaoxiao.





Mieux taire , Æncrage & co, avec 5 linogravures de J-M. Marchetti, octobre 2012 / Préface de Bernard Noël.

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Les poèmes essayent, en quelques mots, de toucher le silence qui pèse dans la langue. Puisqu’ils n’y parviennent jamais vraiment, on essaye d’autres poèmes, on recommence, on accumule. On raconte ce qui passe dans les jours qui passent, on avance, et l’on apprend, par la force des choses, que ce silence intouchable est déjà là, même avant nous, et qu’il écrase la moindre phrase sous d’autres phrases. On essaye pourtant des poèmes, encore, on sait juste qu’il faut le faire. Les mouches s’occupent du reste... Parfois, pourtant, on trouve des compagnons de route. C’est ainsi que s’ajoute aux poèmes le silence des gouges de Jean-Michel Marchetti. Cinq linogravures d’une belle concision : une grosse mouche, une spirale, des mouches encore, toute une nuée, un hommage à Bram Van Velde et un merle. Autant de balises qui jalonnent le quotidien. On voudrait les retenir et les fermer dans des phrases courtes, mais elles passent — on passe avec.

Quelques retours : par Isabelle Lévesque, Florence Trocmé et Jérémy Liron. Lire également l’entretien avec Mathieu Brosseau.



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Jérémy Liron, faire-monde et papillons , Éditions Centrifuges, décembre 2011

"Le faire-monde de Jérémy Liron : des paysages urbains enpapillonnés… des vues qui, du coup, papillonnent… (faire-monde : « processus subjectif » par lequel nous construisons notre rapport au monde). Clin d’œil à l’histoire de la peinture contemporaine, cette nuée de triangles blancs vient nier l’évidence du voir et mettre en place, si l’on peut dire, un constructivisme négatif. Clin blanc, déclin du voir, clignement du miroir… Place à l’irreprésentable !
Le point de vue du poète Armand Dupuy : « L’histoire singulière du sujet détermine son regard et le troue par endroits. Peindre, c’est alors voir son propre aveuglement, se l’arracher des yeux.
" (Fabrice Thumerel / Libr-critique)







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La tête pas vite, Éditions Potentille, septembre 2011, dessin de couverture de Bobi².

« ce livre toutefois est bien loin d’une « poésie du quotidien ». Son propos n’est pas de narrer les jours qui passent, ni de décrire le monde tel qu’il est – c’est de donner à lire une traversée, qui prend la figure d’un affrontement entre, précisément, une immobilité et un mouvement, une avancée et son empêchement. » (Yann Miralles)

Lecture de Yann Miralles sur Poezibao, de Jean-Nicolas Clamanges sur Libr-critique et de Serge Ritman, dans la revue Résonance Général n°4.



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Lyon-Bethune, Jérémy Liron / L’évidence feuilletée d’un monde , Ed. nuit Myrtide

« Il se pourrait que les tableaux de Jérémy Liron traitent des rapports entre l’immobilité du monde et les déplacements d’un sujet. Ou de l’inverse. Ou même des mouvements et des actions réciproques de chacun dans l’autre. Il se pourrait qu’il traite de cette friction qui produit des étincelles. Car le monde file, il nous échappe, nous évacue. Nous luttons de toutes nos forces mais nous filons avec. Captifs, mais toujours exclus. »

Voir aussi L’évidence feuilletée d’un monde chez Publie.net




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Les Paensements d’arrière-arrière-grand-maman, Ed. Animal Graphique, octobre 2009.

« En vérité, la spécificité de l’ouvrage semble reposer sur une double idée, contradictoire mais simultanée : celle d’une condensation / dispersion. C’est ce que disent les poèmes (et les dessins), leur énoncé, mais c’est surtout ce qu’ils font. » (Yann Miralles)

Lire la critique de Yann Miralles sur Poezibao. Une autre critique de Jean-Nicolas Clamanges sur Libr-critique.









Livres parus chez publie.net :

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Dehors / hors de / horde , 2008

// de sas en sas et soudain confus dehors / les feux clignotent et les voitures / tout vite et disparaissent / masse de mots bruits forts / retour de tout ce loin / dehors se dilate et pas que dans la bouche / le dos part en loque s’effiloche / les yeux n’ont plus de gaine / globes sensibles à l’excès se vident ou s’emplissent / plus de paupières à plisser pour ne pas ne pas quoi //

// endurci / cicatrice oblique sa joue / pense-bête qu’il ne faut ne faudrait pas / vieille rature à la règle qu’aurait bu la peau / son visage escarpé sans mot dire fait non / ferme une falaise plus qu’un verrou / ne reste qu’un mur de face / du plâtre pas vraiment blanc / s’en briser la nuque ne suffit pas //


Et l’ensemble des livres numériques sur cette page. : Distances (2008), 9,32 / Pollock (2009), Tondi (2010), L’évidence feuilletée d’un monde (2010).

En revue :

  • pour Mohammed El Amraoui, Verso n°129, 2007
  • la pige et devant ressasse, Bulletin de Poésie Rencontre, décembre 2007
  • prunus, N4728 n°13, janvier 2008
  • Des textes dans le n° 133 de Verso, juin 2008
  • de têtes, extraits, Décharge, n° 139, septembre 2008
  • tenir, N4728 n° 15, janvier 2009
  • être et / ruer, Le journal des poètes, juin 2009 (Belgique)
  • une suite sans, L’Etrangère n° 21, automne 2009 (Belgique)
  • ce qu’est dimanche, Action Restreinte n° 12, avril 2010
  • deux textes, Le journal des poètes, décembre 2011
  • mouches, Charogne n°3, mai 2012
  • et ne pas tomber, La Dépense n°1, mai 2013
  • Facebook & mails, revue VA !, juin 2013

& sur Remue.net, Poezibao, Fibrillations, Recours au poème.

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